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La surexposition de nos enfants aux écrans en temps de crise: quels impacts ?

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 15 avr. 2020
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 mai 2022

La Covid-19 a profondément changé les donnes, façonne le prisme des apprentissages et réoriente nos modes de socialisation. Plus que jamais, nos jeunes enfants doublement victimes de cette mystérieuse pandémie doivent désormais apprendre à vivre et grandir branchés en permanence aux écrans pour se divertir, étudier, s'informer, informer, interagir, embrasser à distance une grande-mère, un grand-père , un parent, un frère, une soeur ou un proche susceptibles d'attraper le virus ! Le nouveau code de socialisation est bien intégré aux moeurs.La distanciation, le nouveau vaccin naturel qui freine la propagation de notre ennemi commun que les grandes puissances nucléaires échouent à éliminer, nous rapproche dangereusement des écrans: petits, moyens ou grands, étroits ou larges. En ce temps covidicide qui court, chacun plonge son nez dans ses univers virtuels préférés pour continuer ses activités essentielles ou routinières! Les circonstances nous y obligent ! Mais cinq ou six bonnes heures d'affilée devant un écran, sublime soit-il, nous tourne la tête. Des fois, je me vois vidé de toutes mes forces tant la charge mentale devient extrême!

Chez les plus jeunes, la surconsommation est multipliée par 100, si je peux le dire ainsi avec exagération raisonnable. La preuve en est que fermeture des écoles consécutive au confinement nourrit directement la soif inégalée de ces jeunes enfants qui sont prêts pour tout regarder, tout voir ici, maintenant et pour toujours: petites capsules postées ou conseillées par des enseignants, des parents ou amis, des dessins animés à la mode, des émissions télévisuelles sélectionnées par les soins de nos pédagogues et spécialistes en audiovisuel, et tout un tas d'autres histoires loufoques accessibles sur Google. Quel univers d'ouvertures, de possibilités et d'un paradoxe de fermeture qui fait écran au plein épanouissement naturel !

Eh oui, plongés dans les coulisses et couloirs sombres de cette létale Covid-19, tous nos enfants branchés deviennent de gré ou de force d'ingénieux internautes passionnés et acquis aux réseaux et pour cause: il ne leur reste que le petit univers des écrans pour exister! Cette permanence illimitée aux micro-médias qui égaie, stimule et nous maintient dans un semblant de vie normale n'est pas sans conséquences: une addiction sournoise et cachée se développe et s'installe dans la durée et les rites familiaux sans qu'on s'en rende compte. Le cas de mon jeune enfant de cinq ans m'en dit long. Depuis qu'il reçoit des supports numériques de l'école et visionne des vidéos sur ordinateur, son désir de rester connecté aux objets devient obsessionnel. Même mon accompagnement ne parvient pas à briser un temps soit peu la force du nouveau mariage de l'enfant avec les écrans. Quel calvaire d'entendre mon fils pleurer parce qu'il est coupé de l'Internet ou parce que j'ai arrêté la TV! Certes, je me dois de le faire pour son bien et son équilibre mental ! Cette révolution digitale en milieu jeune à l'ère de la digitalisation systématique, faut-il en rire ou pleurer? Je ne suis pas pessimiste ni technophobe mais comment encadrer nos jeunes enfants et adolescents dans cette situation d'extrême dilemme digitale ? La réflexion ne fait que commencer !


Emmanuel Komi Kounakou, PAFEME & CMLC GROUP




 
 
 

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